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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 07:43
LES BOULOULOUS

Si tu me disais le temps vieux gruge

Autre film

Autre histoire Sila ou renflement des deux 2084

Quelque kane ya ma kane

Si tu pouvais me laisser pleurer tout mon saoul

Le rire

Si tu pouvais me laisser mordre dans le désordre vieux croque-mitaine

Moi

Je me fous de tous les étangs

De tout les bouloulous

En altruiste

Et vogue la gallée

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 16:51

Autrefois à Alger, dans les années soixante dix, j’avais un ami – j’ai perdu jusqu’à son nom – qui lors de nos randonnées dans les bars et restaurants piquaient les cendriers.
Allez savoir pourquoi il piquait les cendriers !
Pourtant on était bien payé chez la Sonatrach, qui siégeait rue Ahmed Ghermoul, en tant qu’informaticiens et on laissait de gros pourboires au Kenko parfois. Je parle d’un temps où il n’ y avait juste pour tout Alger que trois ou quatre IBM 360. Là o...ù on passait , disais-je, il piquait les cendriers et moi au lieu de l’en dissuader j’entrais dans une sorte d’euphorie de transe de fou rire pour tout le restant de la journée. Cela m’amusait un peu. C’était jeunesse quoi ! en ce temps là je ne me suis jamais demandé pourquoi mon ami piquait ses cendriers ni ce qu’il en faisait juste après la maraude s’il en faisait collection ou s’il en offrait aux voisins… le comble c’était qu’il ne parlait jamais cendriers !
Il ne fumait pas aussi. Moi par contre je me tapais mes deux 2A …
Mon ami, mis à part le chapardage des cendriers, était un type très équilibré. Il habitait rue Hache ou Hoche, était très intelligent – il me corrigeait des fois mes programmes de cobol avant de les remettre à la perforatrice- et avait ce sang froid à remettre au calme une rue de gens entrain de flamber des pneus. Moi, je n’étais pas un algérois , j’arrivais de l’Est de quelque Ain-chose et je créchais le soir dans un minable hôtel coté Bab el oued.
Allez savoir pourquoi il piquait les cendriers !
Aujourd’hui, quarante ans passés, dans mon bourg de Ain-chose, j’ai cette impression , en entrant dans un café ou restaurant, qu’on vient juste de débarrasser les tables des cendriers et qu’on les a fourrés derrière le comptoir. Tout le monde se tait. Le propriétaire, les serveurs et tous les clients debout et attablés me surveillent.
Allez savoir pourquoi il piquait les cendriers !

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 16:52

~~هل الرواية بحاجة إلى منظر ... أتسأل أحيانا... و إن كان الجواب نعم أي نوع من المنظرين... أتسأل أحيانا.... إن لم يكن يلعب دور جدار الحماية أو كاسحة الجليد إن لم يكن شخص يجري من الصباح إلى المساء و يبن أحضانه - وللأسف- متاريس من خشب....

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 08:12

EXTRAIT /  HARMONIE TRIBALE

 

Vint l’été. La fin de l’été. Les grandes chaleurs. Si Mokhtar était encore en vie  il aurait tenu des propos au sujet du mois Ouessou et de l’astre Sirius se couchant et se levant avec le soleil du 22 juillet au 22 août et saisi les rapports entre cette canicule et l’événement malheureux d’il y a deux ans. Mais cela fait quatre ans déjà qu’il nous a quitté. Notre cousin Saci - apprenez à vos enfants la brasse, l’épreuve du lancer et le dressage des chevaux, disait-il avec le sourire - était l’un des meilleurs nageurs du comté.  Il aidait quelquefois la brigade des pompiers  à repêcher les noyés  dans la rivière. Il avait son fascicule de maître nageur  et passait un été sur trois sur le bord de la mer à surveiller les baignades pour arrondir le mois. Il ajoutait  que cela le reposait du collège  où il enseignait les mathématiques. Un matin il demanda à Moamar de l’accompagner à la plage. Je ne pouvais pas refuser. Quand elle te fait du pied c’est qu’elle te fait du pied, le bonhomme était en short,  deux serviettes, l’une bleue l’autre verte sur l’épaule, entrain de frapper à la porte cochère comme s’il voulait réveiller tout le quartier, le sac à la main, il y avait dedans  une pastèque une bouteille de bona, du pain et de la friture, son chapeau de paille sur la tête, non c’était impossible de refuser.  Je ne voulais pas l’offusquer en lui disant que je venais juste de rentrer de la polyclinique où je fus de garde toute la nuit.  Je pouvais pas dire non,  même si dans ma tête trottaient un tas de mots,  hé tu penses pas qu’on doit laisser ça pour un autre jour, Legraouch t’es fou,  avant même d’arriver  on va nous ramasser  pour aller éteindre les feux, regarde, regarde toutes les montagnes brûlent.  Nous avons pris le bus vers la ville.  De là  nous avons emprunté un taxi collectif.  C’était comme de la théorie, pas une embûche. Quand  elle fait appel elle fait appel. Le bus qui nous transporta était comme enchanteur. Il n’y avait pas d’autres passagers. A un certain moment  le receveur qui était vieux  dit, arrête-moi ce cinéma… depuis ce matin…  Et le chauffeur  coupa la magnétocassette.  Le cinéma était sûrement  cette chanson, De mort @ Tu mouras de mort @ Dans l’indulgence plénière de la poussière…  Le taxi était presque entrain de nous attendre. L’un même des quatre autres voyageurs  après avoir enfoui notre sac dans la malle arrière nous dit  avec le sourire, vous avez tardé. Comme si nous nous connaissions depuis belle lurette  et que nous savions pas respecter les rendez-vous.  Quand elle te fait du pied y a pas a dire tu es partant déjà.  À peine avons-nous fait deux  lieues, le dixième du trajet,  que voila-t-il les arbres qui se brûlaient les uns les autres de part et d’autre de la route. il y avait des craquements. La fumée nous obligeait  à avancer à faible allure.  Des flammes de feu traversaient au pas de promenade la route et s’attardaient à grignoter et à lécher parfois une partie du goudron. Du jamais vu. Après presque trois heures de route nous avons contourné  le mont  en flammes qui surplombait Elgraouch et longé le village qui avait cette allure d’avoir été en butte à une razzia.  Là-haut des avions balançaient  de l’eau et autre poudre  mais cela tombait très loin dans la mer.  Il y avait un monde fou sur la plage.  Nous nous sommes débrouillés un petit coin  entre une famille (elle venait sûrement de l’Atlas d’après le parler guttural) dont la ribambelle d’enfants  n’arrêtait pas de piailler,  de se bagarrer à coups de tête, de taloches et  d’injures, de se faire houspiller par une gaillarde de mère,  et d’autres estivants, un groupe dont la peau  noircie, les ustensiles , les matelas, les guitares  devant leur guitoune dressée en retrait, feraient croire qu’ils ramasseraient l’été indien à la cuiller.  Il était midi. Nous nous sommes assoupis un moment  pour nous retrouver  l’instant d’après sur nos jambes avec tous les baigneurs, debout,  le dos à la mer, dans une confusion de parlotes, de grands murmures de l’un à ton voisin,  comme si nous cherchions quelques faux-fuyants.  la gaillarde entourait de ses grands bras les cous de ses oisillons qui ne faisaient plus de bruit, les yeux baissés sur son frêle de mari qui était aux prises avec sa clope et ses allumettes mouillées.  Et nous regardions la montagne qui brûlait d’une seule flamme et d’immenses rideaux de flammèches qui nous cachaient presque le village et qui partaient en l’air.  Quand elle fait du pied y a pas à dire on est déjà parti. Commençaient alors  des bruits assourdissants de craquements d’arbres qui nous crevaient les tympans. Et la fumée qui devait avoir pris source depuis la route  qui nous amena,  mais elle n’était plus cette fumée bénigne de ce matin, qui jouait presque avec la voiture, montait , montait au dessus de la montagne et du village côtier.  En une seconde la moitié des baigneurs alla rejoindre les flots.  Cette fumée qui était dense et noirâtre continuait à monter.  Quand elle a embrassé et le village et la montagne  elle tomba à genoux  lentement sur la grève comme un chameau.  La mer devenait microbulleuse avec beaucoup de flocons de neige qui s’amassaient en congères tourbillonnant.   Augmentant  férocement de niveau elle lançait ses masses d’eau sur le sable.  Le soleil  s’est éclipsé.  Le noir de nuit était là.  Il y eut une débandade générale  et beaucoup de baigneurs se jetèrent dans les flots et moururent.  Ceux qui restèrent sur la grève  les jambes fouettées par les lames marines  et le reste du corps  immergé dans la fumée, écoutèrent les conseils d’une voix de femme. Elle devait être  médecin sûrement. Nous  mouillions les serviettes et les mettions autour de la tête puis les retrempions encore et encore aux vagues  et les plaquions sur nos visages.  Revint le soleil.  La fumée était très haut dans le ciel.  La mer redevenait si calme.  Pas un pli.  D’une couleur verdâtre  comme s’il pleuvait.  Sur la grève il y avait beaucoup de coquillages  et de crustacées.  Je levais les yeux. Un grand silence régnait.  La gaillarde était debout, un instant elle m’apparut sous les traits de tante Ouardia, les bras levés, la bouche largement ouverte,  la peau induite de suie, les yeux  lavés dans le cresson bleu,  grandement ouverts sur la mer ; son frêle de mari,  assis à la turque à ses pieds  était aux prises avec ses allumettes mouillées.

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 07:02
Étaient présents ce jour là et Mourad et Samir, qui revenaient juste du désert, plus cet invité de marque qui eut ses entrées exceptionnelles dans la maison de Lalla, qu’on disait un nième rejeton découvert par hasard du côté de la frontière Ouest ou bien le fils de quelque baroudeur et frère d’armes de Brahim, parmi l’assistance.
Je passais juste devant la maison de Billard quand je le vis sorti...r en trombe suivi de Lalla qui mit un genou à terre, arma le fusil, l’ajusta à son épaule puis le jeta à terre – à ce terre Salem coupa le fil de l’histoire un laps de temps pour enfoncer le pouce et l’index dans la tabatière de quelqu’un qui s’apprêtait à chiquer, je ne sais plus qui, assis à sa droite, Mansour peut-être, non je ne crois pas, il n’a jamais pris de tabac de sa vie, peut-être Saci, sûrement Saci avec ses gros yeux de veau de lait, et en même temps nous soupeser du regard, remua sur sa grosse pierre royale, puis se remit en selle – avec fracas et une certaine répugnance, comme si l’arme venait de se transmuer entre ses bras en un serpent ; et c’était peut-être parce qu’il criait là devant elle à trois 66
mètres, au nom du Martyr au nom du Martyr qu’elle s’est ressaisi, n’a point tiré, mais a dit, je l’ai entendue de ces deux oreilles que boufferaient un jour et la poussière et la vermine, espèce de chien, espèce de maquereau, puis elle se releva et resta longtemps là, très droite, très belle dans le soleil du matin dans sa robe couleur de tanin, serrée à la taille par le gros ceinturon, le chèche bleu indigo sur la tête qui avaient dû lui appartenir un jour…
Et comme vous me connaissez, c’était juste après l’équinoxe d’automne, je sortais de la mosquée de Sidi Brahim où je m’escrimais pour mon seul plaisir à traduire un poème en arabe qui fut transposé par un missionnaire vers la langue de Molière, mon but était de comparer, quand j’aurais terminé mon entreprise, mon oeuvre avec la copie de l’original de la pièce que j’avais sous main et je ne vous cacherais pas aussi que j’étais emballé par certaines tournures idiomatiques à cette époque – moi, je n’ ai pas terminé mes études dans la capitale, comme certains, à l’Institut des Sciences de la Terre, je n’ai pas la chance d’avoir une personne au ministère des Affaires étrangères qui aurait connu feu mon père dans un pays frère et voisin où ils purent se la couler tous deux en douce, l’un à paraphraser El Moutanabi, l’autre à se faire oublier de l’ombre du pauvre Ali Zourami pour la simple raison que le Mabrouk, mon père, qui ne savait pas sa table de logarithmes se laissait bousiller et ramasser à la cuiller du côté de Trig Nhass, (et l’homme dans le contre-jour disant lors de la prière de l’aube les bêtes étaient regroupées et eux en prosternation les bombes incendiaires descendaient parmi les fils blancs et les fils noirs pour eux il n y avait aucune échappatoire possible et l’odeur de térébenthine et de brûlé et d’empyreume se propagea très loin alentour lui seul survivant les voyait de loin avec ses jumelles elles descendaient droite contenant les coulées de fer du feu du ciel au feu de la terre elles descendaient fournaise contenue crématorium gelées incinérant et le vieil Ahmed psalmodiant Tout ce qui est dans les cieux et la terre glorifie Dieu@ Et c’est Lui le Puissant le Sage A lui appartient la souveraineté des cieux et de la terre Il fait vivre et il fait mourir et Il est omnipotent@ C’est Lui le Premier et le Dernier l’Apparent et le Caché et Il est Omniscient @ et l’homme dans le contre-jour disant puis les avions ont descendu très bas dans le voile des lumières du matin des poudres de la terre d’El Houba mixées dans des pans de soufrières et ont mitraillé à bout portant dans les corps carbonisés des bêtes et des hommes), au lieu de rester vivant pour m’envoyer plus tard dans un pays froid acquérir des connaissances pour le bien de ma patrie – qui me firent saisir par l’esprit que la langue la plus déshéritée, je veux dire par là abandonnée par ceux-là mêmes qui sembleraient les héritiers naturels, parce que peut-être continuellement en jachère, porte en elle des tournures si spécifiques qu’elles sont quasiment intraduisibles, et je voulais peut être à mon propre insu capter cette gêne de vouloir transcrire ce qui ne peut être traduit… J’étais là à deux pas de Lalla entrain de marmonner Messaoud le billard Messaoud le billard, et il y avait dans l’air comme une pléthore de bourriches, de grands sacs à grain, de tables oscillantes et verdâtres et je croyais, ce jour-là, qu’Oncle Messaoud a fait éloigner de bon matin et ses deux filles et sa femme vers quelque couturière, bain maure, ou mausolée du coin, lieux dont nos femmes raffolent, lui qui savait que Lalla venait d’ arriver chez Lkharijia son voisin, rendre visite à sa cadette toujours en deuil avec qui elle n’était pas en bons termes depuis la guerre jusqu’au jour où la mort avait ouvré à leur réconciliation parce que Ma Aїchabia essayait de lui jeter un déluré dans les pattes et n’arrivait pas à comprendre son aînée qui continuait à croire que mon oncle était toujours en vie, qu’il était quelque part en visite chez ses autres épouses ou bien entrain de batailler dans les steppes, pour inviter ma tante chez lui dans le dessein d’ un rapprochement entre son fils, celui-là même qui est devant moi et ma cousine, et qui a dû, pris de frénésie, tenter de briguer un autre contrat de même nature, moins alléchant peut-être… Je comprenais ainsi que cette vision de bourriches, de tables de snooker qui bringuebalaient, avec le son aigu de balles – 2000 hertz – découlait de source de l’adage, avoir un oeil qui joue au billard et l’autre qui compte les points et cet autre dans l’idiome du terroir un oeil dans la bourriche et l’autre dans le grand sac à grains. Mais détrompez-vous. Les choses dans la vie peuvent aller à l’avant comme à l’encontre. Je ne dormais point pendant les jours qui suivirent, je bâclais presque mes prières du matin, que Dieu me pardonne ; il y avait un hic quelque part ; d un côté l’image d’ Oncle Messaoud entrain de courir, Lalla épaulant avec majesté, puis cette autre image en filigrane qui se superposait à la première, le visage d’ Oncle Messaoud buriné, à sa suite sa dame de fer Ouardia qui tenait par la main un enfant chétif, blanc de peau comme sa mère, celui-là même qui est devant moi, les yeux vitreux, brisant son fusil et rugissant en face de Lalla, quand on l’interrogea sur son commandant comme avait dû rugir le dernier lion de Magran, le marabout à la crinière noirâtre face au lieutenant de génie Foucauld, au géomètre Frechou, au curé Noizeux et au tireur d’élite Gérard venus l’acculer dans son dernier repaire dans les années cinquante du premier siècle de la colonisation, puis pleurant dans l’épaule de Si Amar qui serrait les dents, étreignant de l’autre bras le fusil ancestral qu’on lui avait légué, (lui qui revenait pour épouser Lalla Hafsa, la veuve du martyr Khayer, un autre foudre de guerre, deuxième engagement de sa part, lui Si Amar, qui sera un père exemplaire pour Saci), nous regardant sans nous voir, je me souviens de ce jour, c’était un lundi, nous étions en masse du côté de Boumoussa pour les voir descendre des montagnes, le fusil presque encore fumant ; je comprenais que mes préjugés étaient sans fondement sinon comment un frère de lait pouvait-il courtiser sa propre soeur à moins qu’il ignorait qu’il avait tété le sein de Ma’ Maïssa, (on peut s’informer sur ce point auprès de Grand-mère qui est toujours vivante) ; ou peut-être que Brahim avait confié quelque chose sous le sceau du secret à Lalla lors d’un retour de bataille en catimini, qu’elle ne divulguerait à personne et qui la fit sortir de ses gonds ce matin-là.
Ce dernier propos, Salem le prononça avec mesure en dévisageant longuement de haut les deux pétroliers comme s’il cherchait quelque éclaircissement puis s’endormit.

Extrait : HARMONIE TRIBALE Edition EDILIVRE
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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 11:56

 

gloire 2

صمت مفاجئ بعد نكبة الحرف

 

أسمعك بين  قواطع جسمي

أرى من نافذة قلبي ما تكتمه

اهتزاز عالم مشتت على يديك

فموت عشب حوله جمد ضباب مجدا

فأغصان تجردها يعلو  في السماء

على عروق ساقطة  مكللة صبرا

كم هي مهيبة الذاكرة أكثر من الصراع

الروح الثابتة تخلصت من ترقي اسود

النسر في السماء فريسة  فراغ

لا يتغذى إلا من فضاءات بعيدة

المسافة الطاهرة ثابتة بين الآلهة

بين حب ذي عيون كبيرة غير مبتسمة

محملقا  في حب ذي عيون وقورة

قبالة لهيب  مرتعش ابدي

أدرت وجهي عن دروب المواشي

لأقف الرجل حافية واليد فارغة والروح محترقة

أمام نار هذا الشتاء و نار صمتك

جان قروجان   La Gloire ; Hiver

ولد الشاعر جان قروجان بباريس عام 1912 وتوفي سنة 2006.كاتب و شاعر و مترجم الإنجيل, القرآن, سوفوكل,شكسبير.

 

 

 

 

Brusque silence après les désastres du verbe,

je t'entends à travers la cloison de mon corps,

je vois par la vitre du cœur ce que tu tais,

la vibration du monde épars sur tes deux mains,

la mort des herbes que le frimas change en gloire,

les branches dont le dénuement s'érige au ciel,

sur des nervures tombées que le givre nimbe.

Combien plus sacrée la mémoire que les luttes !

L'âme immobile est délivrée des noirs progrès.

L'aigle au ciel est en proie aux fixités de l'air

sans se repaître que d'infranchissable espace.

La sainte distance est assise entre les dieux,

assise entre l'amour aux longs yeux sans sourire

qui dévore des yeux l'amour aux longs yeux graves

et ce frisson de la flamme sans combustible

face à l'inconsumable flamme qui frissonne.

Je me suis détourné d'un chemin de bétail

pour me tenir pieds nus, mains vides, l'âme en feu

devant ce feu de l'hiver et de ton silence.

 

 

La Gloire ; Hiver. - Gallimard, 1969. - 219 p. - (Collection Poésie ; 45).

 

Jean Grosjean   (1912 - 2006)
Quelques autres recueils : Terre du temps (Gallimard, 1946).  Fils de l'Homme (Gallimard, 1954).  La Nuit de Saül (P. Castella, 1970).

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 12:18

أحمد بن قريش

 

 

 

ورقة رسم

 

 

 

 

 

- نم !

  - أنا نائم، قال الطفل.

- لست بنائم، قالت الام.

  أغمض الطفل عينيه للحظة.

في الخارج التصقت الرياح بالسياج القصبى. ستهطل امطارا غزيرة بعد ساعات.
 
أدار  الطفل على جنبه الأيمن فرأى ذراع أمه يحرك السطام فى النار. أضيئت الغرفة لحظة. كان القط مسعود يحك بأظافره من وراء الباب.لم يدخله أحد منذ الأسبوع الماضى.

- ما، مسعود...

- نم... حيوان ربى تعرف مبيتها.

تمر ساعة.

- أنت نائم، حميده؟

- أنا نائم، أجاب الولد.

- نم... نم... ألحت  الام.

 كان المطر يسوط بقوة السقف الزنكى. فكر حميده أن الذهاب للمدرسة شيء مستحيل يوم غد. تكون مازالت مياه  النهر طافحة على حافتيه و على  القنطرة الصغيرة التى تربط بين ضيعتهم و القرية حيث مدرسته.
فكر حميده  أن والده   كان بمقدوره أن يسجله بمدرسة القرية  الأخرى فهي  بعيدة حقا  لكن الطريق المؤدية إليها دوما فى الاستعمال.

- قل، حميدة، تفكر في  أبيك؟

الولد االصامت ينصت  لأمه تبكي.

-  سوف يأتى غدا...

  - لماذا لم تزريه هذا الصباح...  بالأمس، تمتم الولد.

- كنت عنده قبل الأمس؛ الزيارات مرة فى   الأسبوع ...

- الآخرون يذهبون يوميا، احتج الولد.

- ليس نفس السجن، يا بنى...

أدار حميدة على الجنب   الآخر ثم مرر يده على الحائط.

انقطع مواء القط فى الخارج. بالمدرسة  الصق السيد كامو كل  الأوراق التي رسمها حميده على الجدران. طاووس، صياد يسحب سمكة كبيرة، طلاب فى فناء، السيد كامو يصحح كراريس.

- أانت تبكى، حميده؟

انتصبت الأم على مرفقها.
لم يكن حميده يبكى فى الحقيقة. كان يفكر فى زيارات  كل الجارات منذ يومين؛ فى السلع الغذائية التى أتينا بها؛ فى العسكر الذين فتشوا البيت كليا؛ فى أمه التى  قللت  من   الأكل...

تنتهي الصبيحة. لم ينسحب النهر بعد. الطريق مقطوعة. لم يغادر حميدة البيت. بسدادات من الفلين و عيدان ثقاب اصطنع قطيع من الماشية.
ثم راجع درسه فى التاريخ. " قابلت حرب مئة سنة الانكليز و الفرنسيين.  لأول مرة تستعمل فيها  الأسلحة النارية..."

ساعة الغذاء أتت جدته. مرافقة بسيدة في مقتبل العمر. الزائرتان و  أمه  فتشن عبر الغرفة. في لحظة ما لاحظهن انتزعن  أجرة  من فوق المدخنة ثم سحبن حزمة  أوراق سارعت السيدة في تخبئتها في صدارها ثم نظرت اليه بعينين فيهما ذهولا.
لحظتها أخذته فكرة رسم شيئ ما، مختصر،خفي،   بدون الوان... شيء ما  عميق و غامض  قد تأرجح في عيني السيدة و كان الفصال... أحس حميده أنه  في أكثر من مكان ، منحني فوق ألاف من الأوراق بأصابعه الملطخة بالحبر الأزرق. لكن الشيئ مبهم، غير واضح...

بعد  ذهاب  الجدة  و السيدة  وضعت أم حميده قبالته، على المائدة  طبقا  فاصوليا و كسرة  فأكل بشهية. ثم أبعد من أ مامه الصحن و قطيع الماشية وبحث عن ورقة رسم...

فى الظهيرة جاء عمه من المدينة. قدمت له أم حميده فنجال قهوة . تكلم العم فى الزمن القذر. انكمشت  الأم في زاوية. كان العم يتحدث بانقطاع. فتذكرت  الأم حماتها –  أمه هو – و السيدة و زيارتهما هذا الصباح. حكى العم الكبسة الأخيرة في المدينة. ارتفع صهيل  الأم في الهواء      فبدأ العم فى بكاء بطيء يستمر حتى  أخر الظهيرة ثم غادر بيت أخيه قبل هبوط الليل...  
 
أكمل حميده  رسمه فلفه حزن عميق. بداخله كان يحس بتعب كبير كأن عمره  شاخ بسنوات . من عشائه  أكل شيئا قليلا و فى فراشه أخذه النعاس كما يأخذ الموت. 
قبل أن تستريح على حصيرتها   لاحظت الأم  فوق المائدة  ورقة الرسم.  أربع من  الدمي  يطلقون النار على رجل  ذي قامة كبيرة  تظهر على صدره  لطخة حمراء. كان قد كسر سلاسل من حول ذراعيه. إنه عملاق  بشاربين  كبيرين. عيناه تشبهان - و ما يثير للعجب – عيني والد حميده. و كذلك  الأذنان.   و كذلك  الشعر  المجعد...


أحمد بن قريش


 
LA FEUILLE DE DESSIN

– Couche-toi !

– Je suis couché, dit l’enfant.

– Mais tu n’es pas couché, dit la mère.

L’enfant ferma les yeux pour un moment.

Dehors le vent était tout contre la palissade. Il

allait pleuvoir longuement dans quelques heures.

Le gosse se tourna sur le côté droit et il put voir le

bras de sa mère tisonner le feu. La chambre s’illumina

un instant. Le chat Messaoud grattait derrière la porte.

On ne le faisait plus rentrer depuis la semaine passée…

– Mère, Messaoud…

– Couche-toi… les animaux du Bon Dieu savent

trouver leur gîte.

Une heure passa.

– Tu dors, Hmeida ?

– Je suis couché, répondit l’enfant.

– Il faut dormir, insista la mère.

La pluie cinglait fortement la toiture en zinc.

Hmeida pensait que le lendemain il ne lui serait pas

possible de rejoindre son école. L’oued serait toujours

là, débordant par-dessus les berges, le petit pont qui

reliait le hameau au reste du village où se trouvait son

école à lui. Hmeida pensait aussi que son père aurait

pu l’inscrire à l’école de l’autre village qui était bien

plus loin, certes, mais qui avait une route assez

praticable qui arrivait jusqu’au hameau.

– Dis, Hmeida, tu penses à ton père ?

L’enfant qui se taisait, écoutait sa mère renifler.

– Il reviendra demain…

– Pourquoi n’es-tu pas allée le voir ce matin…

hier, bredouilla l’enfant ?

– J’y étais avant-hier ; une fois par semaine les

visites.

– Les autres, elles vont chaque jour, répliqua

l’enfant !

– Ce n’est pas la même prison, mon enfant.

Hmeida se retourna dans sa couche puis il passa

une main sur le mur. Le chat ne miaulait plus dehors.

À l’école, Monsieur Camus colla toutes les feuilles

dessinées par Hmeida sur les murs. Un paon, un

pêcheur tirant un gros poisson, des élèves dans une

cour, Monsieur Camus corrigeant des cahiers.

– Tu pleures, Hmeida ?

Sa mère se mit sur un coude.

Hmeida ne pleurait pas à vrai dire. Il pensait aux

visites de toutes ces voisines depuis deux jours ; à ces

denrées alimentaires que chacune d’elles avaient

apportées ; à ces soldats, hier, qui avaient fouillé toute

la maison ; à sa mère qui ne mangeait presque plus.

La matinée tire à sa fin. L’oued est toujours là. La

route est coupée. Hmeida ne sort pas de chez lui.

Avec des bâtons d’allumettes et des bouchons de

liège, il se fabrique un troupeau de bêtes.

Puis il révise sa leçon d’histoire : La guerre de

cent ans oppose Anglais et Français. Pour la

première fois on se sert d’armes à feu…

À l’heure du déjeuner, vient sa grand-mère. Elle

est accompagnée d’une jeune dame. Les deux

visiteuses et sa mère fouillent à travers la chambre. À

un moment, il les observe déplacer une brique au

dessus de la cheminée et soutirer une liasse de papiers

que la jeune dame s’empresse d’enfouir dans son

corsage puis le regarde, lui, avec des yeux

d’étonnement. Et c’est à ce moment-là qu’il a l’idée

de dessiner quelque chose de bref, de rapide, sans

couleur… Un je ne sais quoi de profond vient de

basculer dans les yeux de la jeune dame et c’est le

déclic. Hmeida se sent transporté, penché sur un

millier de feuilles, les doigts tachés d’encre bleue.

Mais cela est vague, très vague.

Après le départ de la grand-mère et de la jeune

dame, la mère dépose devant Hmeida un plat de

haricots et un morceau de galette qu’il mange avec

appétit. Puis il repousse au loin l’assiette et son

troupeau de bêtes et se cherche une feuille de dessin.

Dans l’après midi un oncle arrive de la ville. La

mère lui offre une tasse de café. L’oncle parle du sale

temps. La mère se recroqueville dans un coin. L’oncle

parle par à-coups. La mère parle de la visite de sa

maman à lui et d’une jeune dame qui l’accompagnait.

L’oncle raconte les dernières rafles en ville. La mère

pousse un hennissement. L’oncle se met à pleurer

pour le reste de la journée. Doucement et avec

continuité. Puis il part avant la tombée de la nuit.

Hmeida achève son dessin. Une immense tristesse

l’enveloppe tout entier. En lui-même, il se sent très

fatigué comme s’il a vieilli de plusieurs saisons. C’est

à peine s’il touche au souper. Dans sa couche, le

sommeil le gagne comme une mort.

Avant de rejoindre sa natte, la mère a le temps de

remarquer sur la petite table la feuille de dessin.

Quatre pantins tirent à bout portant sur un homme très

grand qui porte une tache rouge sur le poitrail. Il fait

éclater des chaînes enroulées autour de ses bras. C’est

un géant avec de grosses moustaches. Il a des yeux

qui ressemblent étrangement à ceux du père de

Hmeida. Et aussi les oreilles. Et aussi les cheveux

frisés…



 

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 08:33

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أعلم الآن أنني لا أملك شيئا

لا الذهب السر الناظرين إذ هو إلا ورق متعفن

ولا حتى تلك الأيام الطائرة بين الأمس والغد

بضربات أجنحة كبيرة نحو وطن سعيد

تبتعد معهم المهاجرة البالية

الحسن السقيم بأسرارها الخادعة

مكسوة ضبابا ربما جروها إلى موضع آخر

عبر غيب ماطرة, مثل أمس

أجد نفسي على أبواب شتاء وهمي

حيث يغني الدغناش العنيد, النداء الوحيد

غير المنقطع مثل اللبلاب, لكن من يستطيع

تفسير معناه , أحس بضعف بين قواي

بمثيل ذاك اللهيب المختصر قبالة ضبا ب

تؤججه ريح مثلجة تمحيه – الوقت متأخر

فيليب  جاكوتي

Je sais maintenant que je ne possède rien
pas même ce bel or qui est feuilles pourries
Encore moins ces jours volant d'hier à demain
à grands coups d'ailes vers une heureuse patrie

Elle fuit avec eux, l'émigrante fanée
la beauté faible, avec ses secrets décevants
vêtue de brume. On l'aura sans doute emmenée
ailleurs, par ces
forêts pluvieuses. Comme avant

je me retrouve au seuil d'un hiver irréel
où chante le bouvreuil obstiné, seul appel
qui ne cesse pas, comme le lierre. Mais qui peut dire

quel est son sens? Je vois ma santé se réduire
pareille à ce feu bref au-devant du brouillard
qu'un vent glacial avive, efface. Il se fait tard.

Philippe Jaccottet

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 14:49

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الضيعة

 

 

طلع النهار بعد جهد جهيد.

قد يكون أول شهر مارس. منذ أيام لم تكف الأمطار عن الهطول.

الإشغال في الضيعة، أصبحت نادرة و السيد ماركوز يقتلع البطاطا بضربات سوطه. بكرة، كان هو و وكلاءه يطرقون جميع أبواب الأكواخ...

كانت السماء منقشعة...

البؤس، البرد، الحرب. يخرج الرجال من أكواخهم صائمين، بمرارة الأيام المتكدسة فوقهم منذ أكثر من قرن ثم يمشون في دروب الوحل عبر الكروم، الظلال ، الأعشاب...

في الليل، لقد أطلقت المدافع النار عدة مرات ثم تدفقت خطوات وأصوات عند جار. ثم استمع لصوت انفجر بالنحيب ثم عصفت الريح بالأشجار.

-إنه ليوم جميل، قالها السعيد.

كان الآخرون ساكتين

- اليوم يوم دفع...

سكت السعيد قليل... فلم يكن يسمع إلا وَقعَ الأحذية وهي تدوس المدر المبتلة وحفيف أوراق القصب؛ كان هذا الجمع يحاذي الوادي.

أضاف السعيد: يدفع لنا أكثر مما يدفع في ضيعة السيد مارشان...

الآن كانت الأعشاب توجه أوراقها المتدلية بقطرات جليد نحو حيث سينبعث شعاع الشمس الأول

-البؤس لن يقتل على ما يبدو،ما يقتل هو شيء آخر.. رطن السعيد.

في الوراء كان عم علي يجر ساقه اليسرى. كادت رجله تضيع في الحرب الأخرى.

فبدأ عم علي كالمعتاد يغني:

   

حمودة يا وليدي

اطهلالي في الدار

لو كان دريت هكذا يجرالي

لانسكن البلدان

نبنى خيمة على ولادي       

ونعاشر البلدان

 

ثم سمع يسعل.

عندما اقتربوا من رقعة البطاطا حثوا جميعهم خطاهم. كانت الصناديق مكدسة في ممشى واسع يحدد هذا الحقل عن الكروم الممتدة على عدة هكتارات.

- لن تمطر اليوم، قالها السعيد موزعا الصناديق... أليس كذلك سيدي ماكوز...

لم ينبث ببنت شفة، السيد ماركوز. منتصب على فرسه، والنعاس الغاشي مقلتيه، كان ينظر في الرجال القادمين من عدة دروب.

   

 (اليوم جاءوا و أخذوا أربعة كالأمس. موسى، صالح، عمار و عم علي. على الساعة الثالثة بعد الظهر. الواحد تلو الأخر. دفعوا بهم تحت خط الزيتونات المحدد رقعة البطاطا عن حقول الزروع.

رموا لهم بالمعاول و المجارف كالأمس. الجنود كانوا عشرة. السيد ماركوز، الذي رافقهم بقي بالقرب منا، كان منتصبا على فرسه، ينظر في تراصف صناديق البطاطا. السعيد، هو، كان يجري في الحقل و يمدنا بصناديق فارغة. اليوم أو بالأمس، قال السيد ماركوز، و كأنه يحدث فرسه: السعيد، هو، لا يهتم بالسياسة. اليوم، قد أعدم الأربعة بسرعة. ثم انصرف الجنود).

كانت الشمس قد أوشكت عن الغروب.

الواحد تلو الاخر يغادر الفلاحون بصمت الحقول. من ورائهم الكروم. على يمينهم خط معتم من الزيتون. كلهم، في المساء، يسلكون نفس الدرب عبر مقصبة محاذية للنهر، مستمعين الى هديره. البعض منهم صارا قليلا من البطاطا في منديله و كلهم دافعين بجزمهم إلى الأمام

 في الوراء، وحده ، متباعدا، كان السعيد يمشي، مثلهم، و عيناه متفحصتان في ظهور رفاقه.

   

 

 

 

 

 

 

 

LES TRAVAUX  DANS LES CHAMPS

 

 

Le jour se levait avec peine.

C’était à coup sûr le premier jour du mois de

Décembre. Durant un mois et jusqu’à la veille, la

pluie n’avait cessé de tomber.

Monsieur Marcuse se faisait arracher ses patates à

coups de cravache. Très tôt, le matin, on pouvait les

entendre, lui et ses gérants, frapper aux portes des

huttes.

Le ciel était dégagé.

La misère, la guerre, le froid. Les gens sortaient

des cabanes, à jeun, avec l’amertume des jours qui

s’entassait en eux depuis plus d’un siècle déjà et

prenaient par les chemins de boue à travers les vignes,

les ombres, l’herbe…

Durant la nuit, on avait tiré au canon à plusieurs

reprises et il y eut des déferlements de pas chez

beaucoup de voisins. On avait écouté aussi deux ou

trois sanglots. Puis le vent avait longuement soufflé

dans les arbres.

– C’est un grand jour, dit Saïd !

Les autres se taisaient.

– On va accorder des acomptes.

Il se tut un moment. On n’entendait plus que les

bottes contre les mottes de terre et le chuintement des

roseaux ; on longeait une rivière. Puis il ajouta : on

est bien payé, on paye moins à la ferme de monsieur

Marchant.

Maintenant les herbes tournaient les feuilles vers là

où devait pointer le premier rayon de soleil et on

pouvait y distinguer des gouttelettes de gelée qui en

pendaient.

– La misère ne tue pas, apparemment ! Ce qui tue,

c’est autre chose, baragouina Saïd !

Loin, derrière, oncle Ali traînait de la jambe

gauche. Il faillit la perdre à l’autre guerre. Il

commença son chant comme à son habitude…

Hamouda mon bon fils

Occupe-toi de mes biens à présent

Si j’avais su que les choses allaient se passer ainsi

Je n’aurais point habité les villes

J’aurais dressé une tente pour mes enfants

Et voisiné les nomades.

Puis on l’écouta tousser.

Les hommes pressèrent le pas quand ils furent

dans le carré de patates. Dans le grand passage qui

délimitait ce champ des vignes s’étendant sur

plusieurs hectares, des cageots vides étaient stockés.

– Il ne pleuvra pas aujourd’hui, dit Saïd tout en

distribuant les casiers. N’est-ce pas Monsieur

Marcuse qu’il ne pleuvra pas aujourd’hui !

Monsieur Marcuse ne répondit pas. Droit sur son

cheval, un oeil voilé de sommeil, il observait les

hommes qui continuaient à arriver par plusieurs

chemins.

(Aujourd’hui on est venu prendre quatre

journaliers. Comme hier. Moussa, Salah, Amar, oncle

Ali. Vers trois heures de l’après-midi. Un par un. On

les a fait avancer sous la ligne des oliviers qui

délimitait le carré de patates des champs de céréales

laissés en jachère cette année. On leur a jeté des

pelles et des pioches, comme hier. Les soldats étaient

une dizaine. Monsieur Marcuse qui vint avec eux,

resta auprès de nous, droit sur son cheval, à observer

l’alignement du stockage des patates. Saïd, lui,

courait dans les champs et nous distribuait des

cageots vides. Aujourd’hui ou hier, monsieur

Marcuse a dit et c’était comme s’il s’adressait à son

cheval : Saïd, lui, il fait pas de politique. Aujourd’hui

on a fusillé rapidement ; puis les soldats sont

repartis.)

Le soleil se couchait déjà.

L’un après l’autre les paysans quittaient les

champs en silence. Derrière eux, les vignes. À leur

droite, la ligne sombre des oliviers. Tous, le soir,

empruntaient en masse, le même chemin de roseaux

qui longeait la rivière, en écoutant le rugissement du

fleuve. Quelques uns d’entre eux portant des patates

dans un mouchoir, tous poussant leurs bottes devant

eux.

Seul, très loin, derrière, Saïd marchait, lui aussi,

penché, long, les yeux fureteurs dans le dos des

compagnons.

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 07:57

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Sois tranquille, cela viendra ! Tu te rapproches,

tu brûles ! Car le mot qui sera à la fin

du poème, plus que le premier sera proche

de ta mort, qui ne s'arrête pas en chemin.

 

Ne crois pas qu'elle aille s'endormir sous des branches

ou reprendre souffle pendant que tu écris.

Même quand tu bois à la bouche qui étanche

la pire soif, la douce bouche avec ses cris

 

doux, même quand tu serres avec force le noeud

de vos quatre bras pour être bien immobiles

dans la brûlante obscurité de vos cheveux,

 

elle vient, Dieu sait par quels détours, vers vous deux,

de très loin ou déjà tout près, mais sois tranquille,

elle vient : d'un à l'autre mot tu es plus vieux.

Jaccottet (L'Effraie, éditions Gallimard)

 

 

كن على يقين سوف يأتي أنك مقترب مشتعل

وتكون الكلمة  الخاتمة القصيدة

أكثر من الأولى أقرب

من الموت  المستمر في رحلته

 

لا تظن أنه يستسلم للنوم تحت الشجر

أو يسترجع أنفاسه بينما أنت تكتب

ولو حتى كنت تشرب من الثغر الذي يروى

اكبر عطش, الثغر الجميل بنبرته

 

الحلوة ولو حتى كنت تضم جزم رباط

أذرعكما الأربعة لتكونا ثابتين

في ظلام شعركم المحترق

 

يأتيكما يعلم الله من أي درب يأتي

من بعيد, ومن قريب لكنه كن على يقين

سوف يأتي من كلمة لآخري صرت شيخا

 

جاكوتي من ديوانه L'Effraie

 

ولد الشاعر فيليب جاكوتي بسويسرا سنة 1925. شاعر وناقد و مترجم

 

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