Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 13:59
Extraits de "Contre-jour" de Mohamed Loakira

 

 

Le sommeil me dégrippe.
Il me laisse parcourir, à loisir, lieux-dits, tanières, vents et armoise,
glisse d’entre les paupières et s’éclipse comme il était apparu.
Subtil et malicieux.
Je demeure en mal de sillage et marmonne rêves et enfers d’ici-bas,
renâcle et m’apprête à changer de côté, quand ta cuisse frôle ma
muraille d’où chuintent des joyaux, galets incrustés d’étoiles et
d’horizons brodés de risettes et d’incorrigibles va-et-vient.
Tu me souris.
J’acquiesce,
intègre le revers de mes voilures et choisis,
de bonne grâce, la destinée que tu me désignes.
Je vois le levant raser les murs.

Il y dépose une saveur aigre-douce, divague, m’invite à porter un
nouvel âge de la vie.
Voici le jour qui se lève.
Comme un voile bigarré qui tend à grignoter ses nœuds pour laisser
apparaître la franchise ;
Comme une solitude s’abreuvant du partage, à l’idée de quitter enfin
sa retraite ;
Comme le vœu d’aller, aussi loin que possible, véhément.
D’étourdissement en extase.
Je me surprends heureux
A mi-chemin entre l’oreiller et la cuvette
T’aperçois

Mi-sirène
Mi-chamelle
Je m’accouple avec les oiseaux en passe de mourir d’exil.
Exil cruel, impudique, languissant
Exil métallique
Tant ont-ils été déplumés par des promesses changeant
De ton, de visage
Les voilà exilés dans la demeure même de leur naissance. 
Or je retrouve sur ma route 
le même chien écrasé

Le même peuplier déraciné
La même étoile filante fourchue
Le même appel lointain des supposés
La même surdité
La même grâce malicieuse
Le même durillon et la pente raidit
Les mêmes ciseaux pierres oubli
Le même handicap simulé
Devenu commerce
A chaque carrefour
Au tournant de chaque rue
La même vie ne valant un oignon, la même lèche
Les mêmes nombrils de perles scintillant
Les mêmes oasis aux abords des décharges
Me remémore
Le désert
Quand il était océan
Les arbres
Quand ils étaient chevaux
Les poissons
Quand ils étaient oiseaux
Ne craignant ni exil
Ni contrainte par corps
Qu’il suffisait de caresser dans le sens des arêtes pour les voir affluer
de toutes parts,

s’engluer dans la paume pour être grillés
A même le soleil du couchant
Je ralentis le rythme de mon escapade
Enfonce l’index dans le froufrou
de mon oreiller
Motte d’oubli
Et pleure
Pleure d’un seul œil.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : POEME-TEXTE-TRADUCTION
  • : Pour les passionnés de Littérature je présente ici mes livres qui sont edités chez DAR EL GHARB et EDILIVRE. Des poèmes aussi. De la nouvelle. Des traductions – je ne lis vraiment un texte que si je le lis dans deux sens.
  • Contact

Profil

  • ahmed bengriche
  • litterateur et pétrolier
 je m'interesse aussi à la traduction
  • litterateur et pétrolier je m'interesse aussi à la traduction

Texte Libre

Recherche

Pages