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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:25

Ariane Dreyfus 

 

 

IRIS

Mais Dieu, surtout pas.
Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche,
Hommes, regardez

Iris, malgré le mur,
Debout
C’est votre bleu.

Votre ligne, imaginons
Une plaie vivement recousue.

Votre broderie, sa joie se gonflant,
Quelques secondes d’amour par miracle successives.

Ici,
Du balancement le velours dressé,
Iris.

Je m’endors les mains sur toi.

Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.

La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
A mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.

Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.

La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.

Tu fermes les yeux pour que je les embrasse aussi,
C’est en confiance le ciel.

La langue dans le baiser, je dis la vérité.

Si j’ai la voix grave ?
Tantôt basse, tantôt soulevée dans le corps que tu cherches au milieu de tes mains.
Mes enfants grandissent, l’air passe. Serre-moi, toi qui es l’amour amour.

La vie éternelle n’est que mort, la vie veut seulement que les épaules frémissent l’une et l’autre et s’il fait froid, c’est qu’il n’y a pas de lumière sans qu’elle change.

La nuit les mains dansent obscurément.

Parfois le jour tu pars,
Je ramasse de l’invisible à plein courage.







« Tout cela, des exemples simplement »



 

On va dormir ?
Alors je te serre extrêmement
fort
En pleine nuit.

 

*

Un oiseau dont la force serait proche

 

J’ai chaud sous le pli de son aile
Puis tu desserres le bras, réellement c’est beau.

 

*

 

Le soleil revient si vite ?
Sur ma tête heureuse
Vingt fois ta main.

 

*

 

Tu sais la vie va durer.
C’est une fille modeste qui aime
Jusqu’aux yeux ouverts.

 

*

 

Faire attention aux choses arrivées.

 

*

 

Je me penche avec mes seins.
Je te donne le silence
Par la bouche

 

*

 

Tu as bien fait de descendre,
Les bourgeons ardents
Sont sortis, sont rouges.

 

*






 

( tableau de Valérie)

S’écartant de l’eau dans le bol,

Un rose intense et sans visage
Chante dans son carré.

*

Beaucoup d’air entre les meubles.

Personne ne cherchera en dehors de la chambre,
Elle est si grande encore.

*

Le mur qui se fendille, je dors pourtant
Près de lui.

Le plus longtemps possible, ta jambe contre ma jambe.

*

Il faudrait jeter les branches coupées.

Leur temps sur terre, si visible soudain.

*

Tu me serres, me réveillant
A chaque courbe.

*

Peur de les emmêler, écartées alors,
Les jambes si tu venais.

Il faut être claire quand on aime.

*

Et de la peau jusqu’au visage.

*

Ca se dessine à la main.

L’obscurité de la nuit
Aime quand ça commence encore.

 






 

Ne bougeons plus
En haut de la pente ne bougeons plus

Sauf dedans
Ton sexe
On peut creuser davantage

La tendre persuasion
Une fleur tendue


Note : ce titre, « Tout cela, des exemples simplement », est une citation de Wallace Stevens, extraite du poème « Théorie » ( Description sans domicile, dans la traduction de Bernard Noël aux Editions Unes, 1989).

1

L’AMOUR N’ÔTE PAS SES MAINS

A peine nous connaissons-nous que tu l’as enfoncée en moi,

soulevée dans le noir. Puis tu la regardes - c’est dehors – avant de la

lécher – c’est dedans.

Ce que tu fais. Je te respecterai toujours.

*

La main qui écrit est seule

Et celle qui te caresse ?

Mon sang coule d’abord sur tes doigts.

J’aime tant te dire que je t’aime que lui aussi.

*

Ou de jalousie je me cache la figure.

Ne t’appuie pas sur les fantômes, viens tout seul.

Sexe vivant. Il mérite des baisers de tous les côtés.

Tu trouves que je pleure trop. Tu trouves qu’on est heureux. ( Ceci

n’étant qu’une phrase pour en faire deux.)

Ta joue reposant sur mon sexe, c’est ton regard vers moi qui ne

s’écrira jamais.

La main toute nue.

2

*

Tu ne veux pas trop, et tu veux tellement longtemps.

Sans me quitter des yeux tu remontes.

Ton épaule est mouillée.

Je t’avais tutoyé d’un seul coup.

La gifle sans l’horreur.

*

J’embrasse ta bouche, tes lèvres, ta bouche, tes lèvres.

Tant que tu n’es pas parti je ne ferme pas les yeux. Tu ne pars pas

sans me caresser la tête. Un moment

La couronne qui empêche de pleurer.

Le oui, le tien,

Répété jusqu’au ventre.

Pas d’enfant. Mais nous qui commençons.

Tout devient croyable.

*

Nus.

Une main, la tienne – belle – sur un ventre, le mien – heureux.

J’écris plus fort que me souvenir.

Je suis ici, ici tu peux.

3

4

AOÛT S’ACHÈVE

« En attendant il me faut vivre sans prendre ombrage de tant

d’ombre.

Ce qu’on appelle bruit ailleurs

Ici n’est plus que du silence,

Ce qu’on appelle mouvement

Est la patience d’un coeur,

Ce qu’on appelle vérité

Un homme à son corps enchaîné,

Et ce qu’on appelle douceur

Ah ! que voulez-vous que ce soit ? »

*

Chaque jour de nouvelles noisettes tombent.

Je ne marche plus pareil, je m’accroupis.

Le temps qui passe ne touche pas par terre. Moi si. Triant les fruits

des débris variés, ma solitude s’emplit de modestie. J’ai déjà été petite.

Le besoin qu’on a de se nourrir.

En réalité je n’ai pas faim, bien sûr.

Chaque noisette que je tiens, m’avançant tout bas, n’a pas

appartenu à un chapelet, même jeté et brisé. Tu me refuses ta présence

pour que j’apprenne à ne plus attendre. Je les ramasse sans me dépêcher,

me montrant à moi-même comment je t’aime aujourd’hui et peut-être

nous nous aimons. Le menton sur les genoux, j’oublie de vieillir. Je suis

attentive.

Il y a quelques jours tes soupirs pendant que je caressais les bouts

de tes seins, émotion pas si minuscule, très longue même. Entre tes

jambes, suite du paysage, tu bandais avec patience. Je vais encore

demander si c’est un poème, mais je ne demande plus si je t’aime.

5

La langue, tu hésites beaucoup.

De la mienne j’interroge un peu tes lèvres, puis retourne à ta

poitrine ici, ou là ton sexe indescriptible qu’en baisers. Ta main sensible

est calme dans mes cheveux.

Je commence seulement à t’embrasser.

Ton ventre à tressaillir.

Les noisettes ne sont données par personne,

C’est aussi une douceur pas si lointaine.

Tellement de mystère dès que tu acceptes.

Ma récolte, pesée dans mes mains et dans ma bouche. Et ce n’est

pas une récolte.

Maintenant je me tais parce que tu as tellement gémi.

6

DÉFINITIONS

(réponse à ceux qui trouvent

que j’en parle trop)

à Paul Eluard

Sexe : coeur du corps de ceux qui aiment. A partir d’un certain âge.

Égare la mort.

Espoir : sens figuré, plus léger, de « désir ». Tous deux font

trembler le présent, du dedans.

Les seins sont tous différents et toujours différents.

Cinéma : un geste continué ensemble, c’est devenu une scène

d’amour. Nous revoir en pensée. T’en parler.

La musique écoutée.

Le sexe : s’emploie aussi bien pour l’homme que pour la femme.

Point de rencontre et universelle émotion.

Les mains : en parler prendrait des heures. On les leur donne.

Lèvres : plus puissantes encore. Il n’y a pas d’amant sans

l’embrasser.

Poils : parfois oubliés. Offrent pourtant des chemins à celles qui

n’arrivent plus à partir, et restent dans les caresses.

La queue : pour qu’il y ait un peu de féminin dans la façon d’en

parler. Pas trop tout de même.

7

Mon amour : jusqu’où ira-t-il ? Ce mot qui s’envole ne sait jamais

s’il trouvera à se poser.

Toi : là où il aime se poser, en présence ou absence. Mais

transforme celle-ci.

Écrire : étreindre et jamais. Remuer librement à l’intérieur.

Poésie : t’écrire c’est le jour.

(extraits de La bouche de quelqu’un d’ Ariane Dreyfus paru aux

Editions Tarabuste en 2003).

 

 

La nuit commence.

Berçant la vie et berçant la mort
Entre les draps.

Mais un doigt s’enfonce
Pour rejoindre l’étoile vraiment solitaire.

Elle se contracte, c’était donc l’anémone
— mouillée par moi, pas par la mer —
Qu’il faut lécher
Lorsque la langue comme l’enfance

A tout le temps.

Courbant ma pensée, je viens sourire dans les poils,
Une vraie joie sans raconter d’histoire.

Tu appuies tes fesses, un peu froid.
Embrasse-moi pour que la nuit ne me défigure pas.



Ariane Dreyfus, « La nuit commence », in section Le périlleux retour, in L'Inhabitable, Éditions Flammarion, Collection Poésie, 2006, p. 62.

 

ÉPILOGUE



Seule.

Fascinée, je fixe des yeux le pain qui reste.

Cela a été.
Passer à la boulangerie avant, les petites pièces, la gaîté,
Car plus que quelques minutes.

Et une baguette entière
Pour la seule raison qu’entière.

Comme si
ne plus couper le temps.

Tu es venu.
Une part mangée, une part restée.

Ce qui brûle le cœur c’est le morceau disparu.

Mais je caresse les miettes qui écorchent la nappe
Aujourd’hui.



Ariane Dreyfus, « Épilogue », in section I, Je ne le dirai plus, in L’Inhabitable, Éditions Flammarion, Collection Poésie, 2006, page 37.

 

    « C’EST TOUT MOUILLÉ »



Sur le banc du parc

Un seul baiser est une
Des mille petites feuilles
Comme le sexe est d’avril !

Quand il pose la tête sur ses cuisses
Les mains levées pour la courber jusqu’à lui
Elle se courbe en une fois la robe
On en voit mieux le gris

Comme sa chemise est tiède sa poitrine !

Courbée le rejoint à la bouche
Comme une fatigue qu’on dit le désir

Quelle joie ? Demain
Il n’y aura pas ce parfum



Ariane Dreyfus, Nous nous attendons, Reconnaissance à Gérard Schlosser, Le Castor Astral, 2012, page 71.

 

 

 

UN RECOIN DANS UN COIN



0n éteint sauf moi
Je ne suis pas éteinte
Lueur
Dès que ma main ne rencontre pas la terre
Mais ton dos dégagé

Lueur aussi
Le ventre et ta main
À la seconde de la mienne

D’enlever les vêtements devant
Nous derrière nous serrant
Dans les odeurs leur buisson

Il y a des creux dans la nuit
Les caressés ou caressants
Un geste un geste
Et un troisième pour serrer
Ton sexe unique.



Ariane Dreyfus, « Le cadre ne casse pas » in La Terre voudrait recommencer, Éditions Flammarion, 2010, page 67.

 


TRIANGLE INTIME


Devant la mer j'ai besoin que tu aies un visage
pour savoir où je suis.

Tu suffis.
Tu me tiens
hors de l'éternité inhumaine.

Homme chaud et sûr
J'entrouvre ton aisselle et dans l'angle regarde
Un coin rescapé
D'une mer devenue précieuse et petite.

Moi aussi.
Je suis petite et précieuse.


Ariane Dreyfus, « Le cadre ne casse pas » in La Terre voudrait recommencer, Éditions Flammarion, Collection Poésie/Flammarion, 2010, page 72.

 

UN SOIR D’ÉTÉ

Le temps d’ouvrir, de refermer la porte de l’armoire

Une fine brûlure passe dans mon sexe, et s’en va

C’est vrai,

On aurait pu

Son poids

Transpirant de me tenir

Une femme aurait pu m’écarter les jambes

Chercher à m’écarter les jambes

Même si les cris ne sortent pas de là

Tout ce que le couteau prend hurle

Les jambes tenues, une petite fille gémit encore

Un récipient se repose

Une main passe vite sur son front

Elle coule des yeux tant le sexe est réellement

Cousu

Femme titube tout au long de sa vie

Voilà comment la crainte devient une plante féminine

Et comment

J’ouvre encore l’armoire

Pas pour regarder dedans

Mais pour ne plus bouger

Ou bouger

Puisque c’est comme je veux,

Même nue, c’est comme je veux

Ariane Dreyfus

(8-11 janvier 2012)

 

 

 

 

LE DERNIER MOINEAU 
 
Je perds pied 
 
Où sera-t-il 
De branche que le poème ? 
 
Flocon si discret 
Crachat de plumes adorables 
Cœur échappé, vérifiant tout, 
Du bec et des yeux 
 
Nous ne tombions jamais le regardant 
 
Chaque seconde était nouvelle 
 
• 
 
GRANDIR 

Comme une pierre mal tombée 
Se redresse bizarrement 
 
Un petit garçon s’arrête 
Ne sait pas qu’il tord sa bouche 
Comme un fragment sorti de la terre. 
 
Il ne bouge pas, déjà 
La salive qu’il avale touche sa gorge. 
 
Comme du malheur qu’on pourrait caresser 
Cet oiseau qu’il trouva, écrasé et soyeux,  
C’était un matin. 
 
Ce qui nous appelle ne bouge pas, parfois 
La grande violence est venue avant. 
 
 
Ariane Dreyfus, La Terre voudrait recommencer, Flammarion, 2010, pp. 59 et 96 

Un livre d’Ariane Dreyfus, Iris, c’est votre bleu, vient de paraître aux Éditions du Castor Astral

 

 

Je vois le chemin
À chaque fois

 

Ligne vive,
Magique un doigt le long d’une main, déjà.
Justesse
De la petite chambre hissant sa seule fenêtre à la montagne.
Tu simplifies mon corps en me tirant à toi.

 

Les yeux font les doux remous, l’étonnement.

 

Nous regardons la mer que le soleil plus bas
Fait pâle, elle brille, d’un bleu remué (éclairé) de rose.
Le sable rougit un peu.

 

De dos si tendrement.

 

Tout ce qui ne se dit pas
Les yeux le gardent pour les yeux inlassables.

 

 

Ils ont tiré assez fort pour que sa tête s’en aille

 

Shama Rezayee
N’a pas voulu crier ni plier
Malgré l’interminable décapitation d’une, et encore une…

 

Femmes sous la burqah,
Fantômes bleuissant les rues de leur supplice

 

Le beau soleil de venu qu’on étouffe durement,
Bleu lourd, couronne d’ensevelissement.

 

« Et la menthe criait entièrement différente
Et l’herbe chantait comme un velours triste »

 

Tout à l’heure, assise près de lui j’ai vu
Un gros escargot
Magnifiquement pas écrasé !

 

Repu, tranquille et bien humide.

 

Attention.
Je l’ai posé un peu plus loin
Avec sa rondeur de cœur vivant.

 

Ariane Dreyfus, Iris, c’est votre bleu, Le Castor Astral, 2008, p. 97 et 82

Le lendemain du jour

 

Comme une femme se glisse sous un homme
Je lis votre écriture

 

Ou alors c’est moi qui écris couchée
La page blanche fait cette lumière où j’oublie de me voir
Toujours commencée
Il y a un côté où l’encre n’est pas sèche
qui mène jusqu’à vous

 

Quand vous me lisez vous le dites
Ou jamais
Je prends toutes les étoffes selon la chaleur
Les morceaux de vie selon
Ma bien future mort

 

Je n’étais pas penchée sur le vide
Une femme sur un homme

 

Qui écrit n’est pas longtemps une jeune fille
Plutôt souvent

 

Il faut des mots pour se glisser entre eux
Y voir
Aucun n’est vrai tout seul
Heureusement le tumulte ne refuse pas la main

 

Tant de poèmes que je suis cachée dans toute la forêt ?
C’est vous qui choisissez

 

L’écorce que vous dites que j’ai touchée.

 

Ariane Dreyfus, Les Compagnies silencieuses, Flammarion, 2001, p. 27.

La pelouse épanouie

 

« Venez courir ! Venez courir ! »

 

 

La petite, l’éclat-fille
Bondit hors du repas
Rapide comme une balle intacte

 

Puis roule dans le sommeil,
Carrosse jusqu’au jour,
Ce portail invisible.

 

 

Nous restons dans nos chaises
Où s’appuient nos entrailles.
La nuit
Ne sait pas quoi nous donner.

 

Avant de mourir ?

 

L’enfant dort seulement,
Au moins nous sommes dans le même royaume.

 

Ariane Dreyfus, La Durée des Plantes, Tarabuste, 1998 et 2007, p. 15.
isbn : 2-84587-141-4, 12 €

Le mûrier me prend le poignet
Pour que je le regarde
Faire tomber de mes yeux les fruits noirs

Il me griffera à chaque fois qu’il faudra
Non pas jusqu’à l’os
- C’est moi qui marche sur lui -
Mais pour qu’un trait avec mon sang
Me réveille
Revienne
- C’est aussi le début d’une danse -
Quand tenir la main traverse la peau

D’une seule chaleur
Qui courbe les épines et les garde.

Ariane Dreyfus, La durée des plantes, Tarabuste, 2006 (en cours

 

 

Seule.

Fascinée, je fixe des yeux le pain qui reste.

Cela a été.
Passer à la boulangerie avant, les petites pièces, la gaîté,
Car plus que quelques minutes.

Et une baguette entière
Pour la seule raison qu’entière.

Comme si
Ne plus couper le temps.

Tu es venu.
Une part mangée, une part restée.

Ce qui brûle le cœur c’est le morceau disparu.

Mais je caresse les miettes qui écorchent la nappe
Aujourd’hui.

 

Ariane Dreyfus, L’inhabitable, Flammarion, 2006,

 

 

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